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Campagne Internationale pour l’Interdiction Immédiate de la Mendicité des Enfants au Sénégal et dans la Région de l’Afrique de l’Ouest

« Imaginez un monde où chaque enfant a un endroit où dormir, suffisamment à manger, une salle de classe, et une bonne santé lui permettant d’apprendre, de développer et de s’épanouir. Un monde où tous les enfants ont la possibilité de réaliser leur potentiel, et où les droits de chacun sont respectés » UNICEF, juin 2015.

Ce monde est il possible si cet enfant qui devrait être au centre de l’attention et des préoccupations de tous subit le détachement de ses parents, l’atrocité et la cupidité d’un sois-disant marabout, les assauts des maniaques sexuels et des pédophiles, l’influence des délinquants entre autres maux?

Le premier décors qu’offre les grandes villes Ouest Africaines particulièrement Dakar, Capital du Sénégal, est le tableau « du Talibé ». Ces jeunes garçons âgés entre 04 et 12 ans à peine, en lambeaux, pieds nus, le corps très souvent rempli de plaies, nez coulant, physiquement faibles et dépourvus de toute dignité et d’attention. Leur mission quotidienne est de demander l’aumône dans la circulation, à travers les voitures au péril de leur vie (ils sont souvent heurtés à mort par les véhicules), dans les marchés, subissant la méfiance et le mépris de certains marchand-es qui ne voient en eux outre que de petits voleurs (effectivement ils maraudent souvent par peur de ne pas rentrer au « dahara » les mains vides), dans les maisons où ils sont souvent adoptés par des familles bienveillantes, mais où ils tombent aussi souvent sur des pédophiles et autres personnes dangereuses d’où les cas répétés de viols, de violence, et de meurtres sur eux.

Ces « Taillés » ou enfants de la rue/enfants dans la rue qu’importe; apparemment on se soucie plus de la définition de leur statut que de leur bien être, sont plus de 150000 au Sénégal dont 50000 dans la capitale, Dakar. Ils viennent particulièrement de familles musulmanes très modestes pour apprendre le saint coran auprès de sois-disant marabouts qui quittent leur village pour s’installer dans les grandes villes. Même si tous les enfants dans la rue ne sont pas des « talibés », selon une étude de l’UNICEF en 2007, ils représentent 90% des enfants qui mendient dans la rue.

Ils sont très souvent confiés aux marabouts par leurs parents. Force est de reconnaitre que cet acte de la part du parent est plus un moyen de se décharger de son enfant qu’un souhait de lui offrir un espace d’éducation et des opportunités pour son avenir. Il n’est pas rare d’entendre un parent qui confie son enfant à un marabout lui dire: « Je ne te demande que ses os, s’il désobéit, tu as droit sur sa vie ». Ce qui veut dire que le parent, en confiant l’enfant au marabout, se détache complètement de lui. « Je ne te demande que ses os » veut dire que même si l’enfant meurt, le marabout n’aura aucune explication à donner au parent, que ce n’est même la peine qu’il en soit informé, car la vie de l’enfant « appartenant » désormais au marabout.

Évidemment, après ce discours, le marabouts à tous les droits.

Dans le cas des sois disant marabouts dont le revenu dépend de la mendicité de ses disciples, l’enfant est chargé d’amener quotidiennement au « dahara » une somme d’argent. A défaut de s’acquitter de cet obligation, il est soumis à une correction on ne peut plus sévère. Plusieurs cas de correction dans les « daharas » ont causé la mort d’enfants, et ce, depuis des décennies.

C’est par peur de ces sévices, que les enfants sont prêts à tout pour collecter les sommes requises. Ainsi, ils sont exposés aux actes inhumaines des pédophiles, à l’influence des délinquants et à l’exploitation de toute sorte, y compris leur recrutement par les groupes armés, les trafiquants de drogue et les proxénètes. En effet, il existe une nette corrélation entre les enfants de la rue et la sécurité.

E dehors des « Talibés Nationaux », que les parents confient aux marabout à l’intérieur du pays, il y’a les enfants (garçons et filles) qui traversent les frontières en provenance des deux Guinée, de la Gambie, du Mali entre autres pays avec des prétendus parents. Une fois arrivés au Sénégal, ils sont exploités de toutes les façons possibles pourvus qu’ils soient rentables dans l’activité. En ce sens, on ne peut pas dissocier la mendicité des enfants à la traite des enfants, la plus grande violation des droits humains.

L’Afrique de l’Ouest est la Région du monde la plus touchée par la traite des enfants. Malgré toutes les législations internationales et nationales sur les droits des enfants, le problème persiste et il est favorisé par la mendicité des enfants qui devient une source d’enrichissement de personnes qui usurpent des positions au nom de la religion.

Pourtant, la convention internationale relative aux droits de l’enfant reconnait aux enfants des droits fondamentaux, obligatoires et non négociables. Ce traité relatif aux droits humains est le plus largement ratifié de l’histoire selon l’UNICEF. Mais qu’en est il de son application?

- Dans l’article 2.2, de la convention relative aux droits de l’enfant, les Etats membres, se sont engagés à prendre toutes les mesures appropriées pour que l’enfant soit EFFECTIVEMENT protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivé par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux et des membres de sa famille;

- Dans l’article 3.2, ils se sont engagés à assurer à l’enfant la protection et les soins nécessaires à son bien être… et qu’à cette fin, ils doivent prendre toutes les mesures législatives et administratives appropriées;

- Dans l’article 3.3, de cette même convention, ils sont tenus de veiller à ce que le fonctionnement des institutions, services et établissement qui ont la charge des enfants et assurent leur protection soient conformes aux normes fixés particulièrement dans le domaine de la sécurité et de la santé…;

- Dans l’article 6, ils reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la VIE;

- Dans l’article 7, ils reconnaissent que l’enfant doit avoir un état civile;

- Dans l’article 11, ils s’engagent à prendre des mesures pour lutter contre les déplacements et les non-retours illicites d’enfants à l’engranger;

- Dans l’article 16, ils assurent que nul enfant ne fera l’object d’immixtions arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteinte à son honneur et à sa réputation;

- Dans l’article 19.1, ils s’engagent à prendre toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de VIOLENCE, d’atteinte ou de brutalité physiques, mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitement ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle…;

- Dans l’article 27.1, ils reconnaissent à tout enfant le droit à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social;

- Dans l’article 29.1.a, ils s’engagent à offrir un cadre favorable à l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques dans toute la mesure de ses potentialités;

- Dans l’article 32.1, ils reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social;
- Dans l’article 34, ils s’engagent à protéger l’enfant contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et de violence sexuelle;

- Dans l’article 35, Ils s’engagent à prendre toutes les mesures appropriées sur les plans national, bilatéral et multilatéral pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfant à quelque fin que ce soit et sous quelque forme que ce soit;

- Dans l’article 4, ils s’engagent à prendre toutes les mesures législatives, administratives et autres qui sont nécessaires pour mettre en oeuvre les droits reconnus dans la convention relative aux droits des enfants.


Par ailleurs, la Charte Africaine des droits et du bien être de l’enfant qui est principalement inspirée sur la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant et sur la Déclaration sur les droits et le bien être de l’enfant africain adopté par l’Organisation de l’Unité Africaine, actuelle Union Africaine dans son article 21, appelle tous les Etats à prendre « toutes mesures appropriées pour abolir les coutumes et les pratiques négatives, culturelles et sociales qui sont au détriment du bien être, de la dignité, de la croissance et du développement normal de l’enfant… »

La charte garantit également à tout enfant « le droit imprescriptible; droit à la VIE (article 4), droit à l’éducation (article 11), à la protection contre l’exploitation et les MAUVAIS TRAITEMENTS (articles 15, 26, 27, 29); le droit à la santé (article 14) »

Ce pendant, pendant que l’article 22 de la convention relative aux droits des enfants protège les enfants contre toutes formes de discriminations, les enfants talibés, eux, sont exclus de ses conventions, n’est ce pas une stigmatisation? Ces enfants ne bénéficient d’aucun état de droit offert par les différentes législations internationales, continentales, régionales et nationales en faveur de la protection des enfants.

- Le 26 juillet 2015 à Dakar (Yeumbeul), Dame Niane un talibé agé de 12 ans, battu à mort par son marabout;

- Le 10 Aout 2015, à Thiés, Sénégal Pape Ndiaye, Talibé agé de 8 ans, égorgé par un homme;

- En 2008, à Kaolack, Sénégal M.B battu à mort par son marabout parce qu’il n’avait pas la somme d’argent demandée;

- En mars 2015, à St Louis, Sénégal un Talibé, ligoté, battu et torturé par son marabout,

- En 2013, Dakar, Sénégal 9 Talibés meurt calcinés dans un incendie;

- A Saly, Mbour, Sénégal, un Talibé de 9 ans violé;

- Avril, 2011, un marabout accusé de viol sur son Talibé, Il a reconnu avoir de l’attirance pour les hommes;

- 31 Juillet 2013, un Talibé a été violé dans la forêt de Mbao, Dakar…

Cette liste est juste quelques exemples, des atrocités subies par ces enfants. Ils sont violés très souvent par les touristes.

Pour ces enfants, « la promesse de la convention n’a pas été tenue: leurs droits ont été sauvagement bafoués, anéantissant leurs espoirs et leurs rêves d’une vie meilleure » UNICEF.

C’est pour cela que nous lançons une campagne internationale pour rappeler à l’Organisation des Nations Unies, les Institutions Internationales, Continentales, Régionales et Nationales leurs engagement envers les enfants. Car, « bien plus que des textes symboliques, les conventions sont juridiquement contraignantes pour les Etats signataires, qui s’engagent à défendre et à garantir les droits de tous les enfants sans distinction et à répondre de ces engagements devant les Nations Unies ». A cet effet, NOUS la Communauté Internationale, demandons à ce que:

1- Le comité d’experts des Nations Unies convoque une réunion pour examiner la question des taillés dans les pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’y apporter des solutions idoines;

2- L’Union Afrique exige l’application effective de la charte africaine des droits des enfants et à cet effet introduit une requête pour l’interdiction sans délais de la mendicité des enfants dans la région Ouest Africaine;

3- L’UNICEF dont le socle de travail est la convention relative aux droits de l’enfant appui l’installation de centres de transition pour faciliter la réintégration sociale des enfants talibés et leur retour dans leur familles;

4- Les Etats de l’Afrique l’Ouest interdisent dans leur territoire l’installation de tout « dahara » (école coranique) non structuré, qui ne puisse pas garantir la sécurité des enfants.


Fait à Dakar le 12 Aout 2015

https://www.change.org/p/le-secr%C3%A9taire-g%C3%A9n%C3%A9ral-des-nations-unies-le-pr%C3%A9sident-en-exercice-de-l-union-africaine-veillez-%C3%A0-l-application-effective-des-conventions-sur-les-droits-de-l-enfant-pour-l-interdiction-imm%C3%A9diate-de-la-mendicit%C3%A9-des-enfants-au-s%C3%A9n%C3%A9gal-et-dans-la-r%C3%A9gion?recruiter=35994553&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink